Ahimsa : la non-violence
Ahimsa : la non-violence

Ahimsa : la non-violence

Ahimsa est un terme sanskrit qui désigne la non-violence. Il se compose de la racine « him », qui signifie « nuire », ainsi que du privatif « a », qui signifie donc la non-nuisance ou plutôt l’absence de l’intention de nuire.

 

Ce mot se retrouve régulièrement dans les cercles de yoga, du fait qu’il fait partie des premiers préceptes morauxYamas et Niyamas – présentés dans les Yoga Sutra de Patanjali. Il est généralement défini comme le plus important de ces dix règles morales du yogi.

On retrouve également ce précepte dans l’ensemble des traditions de sagesse de par le monde, de façons plus ou moins évidentes. L’un des premiers textes où se retrouve ce terme est le Chandogya Upanishad, datant du VIᵉ siècle avant J.-C. On retrouvera ensuite ce principe fondateur dans tous les courants contemporains de ce texte, tels que l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme, qui met un accent particulier sur cette attitude spirituelle et morale.

Des grandes figures contemporaines telles que Mahatma Gandhi, Albert Schweitzer et Martin Luther King, inspirées de près ou de loin par ces enseignements, développeront également une approche non-violente à travers leurs visions politiques, humanitaires et sociales.

Ainsi, on retrouve dans toutes les traditions de sagesse ce principe de non-violence comme un pilier moral permettant de guider le pratiquant vers la reconnaissance de l’unité en toute chose.

Développer la non-violence, c’est se rendre compte intrinsèquement que chaque être vivant est tout aussi important que nous-mêmes, que chaque forme de vie fait partie de la même source.

 

« L'Ahimsa est la plus haute vertu, l'Ahimsa est la plus haute maîtrise de soi, l'Ahimsa est le plus grand don, l'Ahimsa est la meilleure pénitence, l'Ahimsa est le sacrifice le plus élevé, l'Ahimsa est la plus grande force, l'Ahimsa est le plus grand ami, l'Ahimsa est le plus grand bonheur, l'Ahimsa est la plus haute vérité, et l'Ahimsa est le plus grand enseignement. »

— Mahabharata

 

Au début de la pratique, le concept de non-violence est présent de manière intellectuelle et rationnelle, mais plus on avance sur le chemin, plus cette notion s’ancre à l’intérieur de notre être. Ahimsa se dévoile alors à nous de façon naturelle, et la pensée même d’un acte de violence envers autrui apparaît comme un non-sens profond, comme si toutes nos cellules comprenaient qu’être violent envers l’autre, c’est avant tout être violent envers soi-même.

Photo d'une main qui tient un petit coeur rose

Lorsque l’on pense à la non-violence, l’une des premières réflexions s’associe au fait de ne pas tuer d’autres êtres vivants ou encore de ne pas générer d’agressivité et de colère physique ou verbale envers une autre personne. Bien que ces aspects soient fondamentaux, les courants spirituels nous invitent toujours à aller plus loin dans notre réflexion sur Ahimsa.

Dans le jaïnisme, par exemple, qui définit Ahimsa comme la loi première, on évite de consommer des légumes-racines, car leur extraction de terre constitue une forme de violence envers ces formes de vie. Seuls les légumes-fruits et les fruits sont consommés, car on ne tue pas la plante lors de leur récolte. Certains pratiquants vont jusqu’à éviter de marcher durant la nuit pour ne pas tuer par inadvertance des formes de vie qui seraient sur leur chemin.

Cette approche relativement drastique peut être considérée par certains comme exagérée, voire extravagante. Cependant, plutôt que de s’arrêter à son expression grossière, le principe sous-jacent à la pratique vaut la peine d’être entendu.

L’invitation est alors de percevoir cette sadhana (pratique spirituelle) comme une forme de détachement de soi, une invitation à trouver cette dimension de compassion et d’amour envers toute forme de vie. Dans ce raisonnement, il est indéniable que développer une conscience accrue de son environnement et chercher à profondément respecter toute forme de vie invite à un puissant développement spirituel.

Finalement, dans la pratique d’Ahimsa, l’intention est toujours maître. Sans une intention pure, Ahimsa risque de devenir une pratique sèche et sans vie qui, si elle est exercée de façon dogmatique et sans forme de remise en question intérieure, ne pourra pas porter les fruits escomptés.

Ce constat invite également à poser les bases d’une pratique juste et authentique. Chaque personne étant unique, la pratique d’Ahimsa se doit d’être comprise comme telle. Le pratiquant recherchera à l’intérieur de lui-même sous quelle forme la pratique de la non-violence résonne le plus et lui permettra de se diriger de la manière la plus naturelle vers ses aspirations spirituelles.

Ainsi, peu importe la forme que prendra la pratique concrète. De la décision de réduire sa consommation de viande jusqu’à arrêter de marcher pendant la nuit pour éviter d’écraser des insectes, tout est juste.

L’essentiel sera de toujours revenir à soi de façon à la fois critique et bienveillante pour pouvoir cheminer chaque jour un peu plus vers l’intention de ne pas nuire à toute forme de vie.

Et cela commence toujours par soi-même, ici et maintenant.

Photo portrait de Vincent Gagnière, auteur de l'article.

Vincent Gagnière

Médecine ayurvédique, nutrition, yoga-thérapie et massages au sol.

Email : vincent@karunatherapie.com

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